Retour Accueil Assemblée générale 2012
Les points marquants de l’année ont eu pour origine la CUB avec la prospective de Bordeaux Métropole à l’horizon 2030 posant les enjeux ou les défis pour les communes qui la composent dont évidemment Pessac. Ces enjeux ne peuvent être examinés comme des postulats mais comme des questionnements qui doivent être au cœur de nos débats : Enjeu démographique : la métropole millionnaire suppose une augmentation d’environ un tiers de la population soit + 250000 habitants. Quelle répartition entre les communes, entre la ville centre – très déficitaire par rapport aux métropoles comparables qui représentent environ la moitié de leur ensemble - et sa périphérie? Quelle influence sur les flux de population, aucune c’est le fil de l’eau actuel ou une régulation est-elle possible, avec qui, comment ? Enjeu du logement et des équipements : actuellement la population dispose-t-elle des logements et des équipements (réseaux divers, écoles, stades, loisirs, ,…) nécessaires ? S’il y a des retards, est-on en capacité de les combler avant d’accueillir de nouveaux habitants ? L’objectif des 50000 logements est-il capable d’absorber 250000 personnes (soit 5 par logement) ? Comment réhabiliter le parc existant et avoir une vue d’ensemble ? Enjeu foncier : dispose-t-on des capacités foncières pour réaliser ces nouveaux logements et équipements (dents creuses, friches urbaines, zones dégradées à requalifier…), a-t-on les outils de la maîtrise publique des sols et de l’évolution urbaine ? Enjeu de densification : faute de foncier la ville doit alors se refaire sur elle-même, où et comment ? Les constructions, les réseaux et les équipements sont-ils moins coûteux en zone dense ? Doit-on traiter les communes périphériques et la ville centre de la même façon ? Quelle densité d’espaces et services publics où se noue le lien social et la mixité affichée ? Quelle imperméabilisation des sols elle génère ? Quelle place reste-t-il à la nature dans les zones densifiées ? Le lieu de densification le long des axes de transports est-il un critère pertinent lorsque ces axes sont insuffisants et déjà saturés ? Enjeu des déplacements : L’arrivée de la LGV à Bordeaux redonne-t-elle de l’intérêt à la ligne historique de Bordeaux – Arcachon en servant notamment d’interface au niveau de la gare de l’Alouette pour une jonction des lignes A et B de tramway sur la zone aéroportuaire ? Le rétablissement du Y des Echoppes sur la ligne de ceinture ne permet-il pas le désenclavement du quadrant Nord Est vers le Campus via la gare intermodale de Pessac centre ? Cette jonction des lignes A et B de tramway n’est-elle pas de nature à irriguer la plus importante zone d’activités de l’agglomération ? Mais aussi le parc du Bourgailh, le parc animalier, l’éco-parc, l’aire de la Chaille, le cimetière intercommunal, les divers parcs d’activités de Mérignac, la zone aéroportuaire avec bien sûr son aéroport… la mise en réseau du CHU groupe Sud avec le pôle de Pellegrin ? Sera-t-elle alors la première liaison périphérique de l’agglomération ? Permettrait de compléter un réseau concentrique qui actuellement dévitalise les banlieues, la pente naturelle du tramway étant orientée vers Bordeaux ? Le contournement routier doit-il se faire par l’Ouest, par l’Est, par les deux côtés, avec un couplage d’une voie ferrée pour le fret ? L’idée de métropole du ¼ d’heure est-elle susceptible de développer l’usage des déplacements doux ? Enjeu de la place de la nature : la nature doit-elle être reléguée aux franges de l’agglomération ou préservée et mise en valeur sur l’ensemble du territoire notamment dans ses banlieues ? Le paysage urbain doit –il être conçu comme un ensemble cohérent de conjugaison des espaces publics et privés ? Enjeu de l’eau : L’imperméabilisation croissante des sols entraîne-t-elle le dimensionnement des réseaux d’évacuation des eaux pluviales ? Ne faudrait-il pas que le maximum de ces eaux revienne à la nature sous forme de noues, de bassins d’étalement, de réservoirs, de ruisseaux remis à l’air libre, avec réappropriation de ces espaces de nature ouvert au public? L’augmentation de la population va se traduire par celle de la consommation d’eau : sur quelles ressources peut-on compter ? Enjeu du Campus : pour justifier son appellation, ne doit-on pas préserver des espaces verts de convivialité dont la coulée verte qui part du Bois de Saige ? Pourquoi l’arrivée du tramway n’a-t-il pas diminué les espaces de stationnement qui constituent pourtant des réserves foncières cachées ? Pourquoi n’y a-t-il pas de maîtrise publique d’une urbanisation trop axée sur le produit immobilier financier aidé qui génère de petits logements, déséquilibre la sociologie des quartiers environnants qui pourraient recevoir les familles des personnels travaillant à l’université et ainsi concrètement réduire le trajet domicile-travail ? Comment retourner la pente qui permettrait aux étudiants de contribuer à revitaliser le centre de Pessac ? Enjeu du numérique : est-ce que la réflexion ne doit pas porter en priorité sur les contenus, les services au public et aux professionnels ? L’économie de temps et de déplacements ne permet-elle de pouvoir alors se consacrer à des activités conviviales favorisant le lien social ? Enjeu du mode de vivre la métropole millionnaire : Comment alimenter et créer des espaces de rencontre, de lien social, d’animation collective et festive, de solidarité et de proximité ? L’idée ainsi émise par la Caisse d'Allocations Familiales n’est-elle pas d’alimenter des formes de villages dans la métropole afin que la densité démographique ne génère pas l’impression d’une métropole impersonnelle, marquée par la solitude dans la multitude ? N’est-ce pas là le modèle historique des villages pessacais avec leurs syndicats et comités de quartiers qui, par leurs diverses activités, génèrent du lien social ? Enjeu de participation enfin en guise de conclusion : après la fabrique métropolitaine, la CUB nous propose la coopérative métropolitaine. Là encore n’est-ce pas le modèle traditionnel de participation et de coopération à Pessac entre la ville et les syndicats et comités de quartiers de Pessac ? Ce modèle n'est-il pas en péril du fait de concertations limitées ou inexistantes, d’un urbanisme bureaucratique détaché des réalités quotidiennes ainsi que des besoins et aspirations des habitants ? Notre débat et les positions de la ville permettront de répondre en partie à cette question fondamentale. Merci de votre attention. |
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