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2012
Le compte-rendu des débats a été réalisé par Jacques Da-Rold. Débat avant l'arrivée des élus 1. Débat général Des dérives sont constatées dans la gestion administrative de la direction de la vie associative (gestion des salles, fermeture le matin…) Des difficultés sont signalées pour organiser des manifestations (disponibilité de salles, de matériel…) Accueil des nouveaux Pessacais : au-delà du Printemps du Bourgailh, un tel accueil serait à faire en septembre (à la fête des associations) ou en mairie (caractère plus officiel) avec la participation des syndicats et comités de quartiers. 2. Débat PLU Cette année, le débat avait pour thème La révision du PLU de la CUB : évaluations des quartiers et perspectives pour Pessac. Pour préparer ce débat, il avait été demandé à chaque syndicat ou comité de quartier de fournir à la Fédération une liste des aberrations et anomalies, ainsi que des points positifs qu’ils ont pu constater dans leur quartier depuis la mise en place du Plan Local d'Urbanisme (PLU). Les réponses figurent dans le grand dossier PLU. Elles ont été exploitées par Jacques Da-Rold qui expose la synthèse qu'il en a tiré. ÉVALUATION DU PLU Le PLU actuellement en vigueur est en phase de révision. Des réunions de travail ont permis de préciser le "projet de territoire", phase préalable à la mise au point du document PLU lui-même, PLU 3.1 qui devra prendre en compte les problématiques liées à l'occupation des sols, comme le PLU actuel, mais également celles qui concernent le logement, les activités et les services, les transports… C'est dans cet esprit qu'a été élaboré le présent document d'évaluation du PLU actuel, document de travail élaboré à partir de contributions de syndicats de quartier, à enrichir par le débat en assemblée générale ce 21 avril puis par la poursuite d'appel à contributions. Tel que nous l'avons rappelé lors de la rencontre organisée par la CUB à la salle Bellegrave, il convient en effet d'évaluer le PLU actuel avant de mettre au point le futur PLU. En préambule, il apparaît que le PLU, demeure essentiellement un document pour préciser les droits des sols, comme l'était le POS, et non un réel document d'urbanisme permettant une vision cohérente de la Ville choisie. Le PLU n'a pas permis de maîtriser la tension foncière ce qui a eu pour effet une augmentation importante de certains prix du foncier et de l'immobilier et par conséquence l'accélération des changements d'affectation des sols, au gré des opportunités foncières. Cette dérive entre les intentions affichées et la réalité doit nous conduire à la vigilance pour le futur PLU en demandant que les règles et règlements tiennent davantage compte des spécificités locales, des usages et d'une urbanisation qui ne se limite pas à la parcelle mais à des ensembles cohérents au niveau des quartiers et que la mise en œuvre du PLU fasse davantage place à la concertation et à la négociation. La synthèse, non exhaustive, des analyses émises par les syndicats et comités de quartier pour cette phase d'évaluation du PLU peuvent se résumer en 7 chapitres : - I- identité des quartiers - II- stationnement, voierie, trottoirs, cheminements doux - III- clôtures - IV- architecture - V- activités, services et transports - VI- PEANP - VII- divers, gens du voyage, protections phoniques…. I. Identité des quartiers - l'identité de certains quartiers a évolué sans être maîtrisée notamment aux abords du campus (avec des petits logements pour étudiants) et dans la plupart des secteurs à dominante d'habitat individuel. Les constructions nouvelles s'implantent au gré des opportunités foncières sans plan d'ensemble au niveau d'un espace cohérent sur le quartier et sans réelle maîtrise de la typologie des logements, laissée à la loi du marché et à la volonté des promoteurs. De même la collectivité a peu de moyens pour maîtriser les changements d'affectation de propriétés qui se font sans permis de construire lorsqu'il n'y a pas de modification d'aspect extérieur. Cela change la morphologie des quartiers et son type de population, donc les types de liens sociaux créés entre ses habitants. Le morcellement des terrains, la réduction "outrancière" de la taille des parcelles, la construction en 2e ou 3e rang, au cœur des îlots… : - conduisent à un "paysage" sur rue sans réelles continuités urbaines et avec une perte de qualité, qualité nécessaire pour favoriser les cheminements à pieds ; - provoquent la suppression d'espaces verts au cœur des quartiers notamment intra rocade, à l'appauvrissement de la biodiversité sur les parcelles privées, à l'imperméabilisation des sols ; - provoquent la suppression de propriétés du patrimoine architectural pessacais ; - concourent à la prolifération de stationnements de voitures sur les chaussées et les trottoirs. Des mesures et "zones de compensation" devraient être prévues pour pallier à ces inconvénients. Il apparaît ainsi qu'il n'y a pas suffisamment, et parfois pas du tout, de transition entre différents types d'habitat et de possibilités de constructibilités. Les règles d'introduction de logements sociaux dans les nouveaux programmes sont un élément favorisant la mixité de populations mais certains quartiers manquent encore de logements sociaux. Les règles de hauteur posent question, le R+1 de certains quartiers est une garantie pour éviter trop de dérives, mais conduit souvent à la banalisation de l'architecture et ne permet pas l'implantation de petits immeubles sur grandes parcelles dans les quartiers de maisons individuelles extra rocade. La diminution de la taille des parcelles conduit également à la multiplication des constructions en limites de propriété et ne tient pas compte des modifications d'ensoleillement des parcelles riveraines et des dispositifs de production d'énergies renouvelables tels que les panneaux solaires. Les règles de recul par rapport au domaine public ne tiennent pas suffisamment compte de l'identité même des quartiers et ne distinguent pas suffisamment la mise en œuvre dans le cadre d'un plan d'urbanisme d'ensemble, maîtrisé par la collectivité, et l'application de telles règles au coup par coup tant par les promoteurs que par des particuliers. La modification de la morphologie des quartiers, l'évolution de leur identité s'effectue ainsi sans réelle maîtrise, au gré des opportunités foncières. Cela pose aussi la question du parcours résidentiel, difficile, voire impossible pour la plupart des pessacais compte tenu des coûts de l'immobilier mais également notamment pour les personnes âgées du fait de l'absence de programmes de logements collectifs leur permettant de demeurer dans leur quartier, avec également la nécessité des services correspondant à l'évolution de l'âge. II. Stationnement - voierie- trottoirs- cheminements doux Il n'est pas suffisamment tenu compte de la trame viaire existante et de ses possibilités d'accueil de nouvelles populations. Pour les nouvelles constructions, au-delà des règles, il convient de tenir compte des usages. Le tramway et le développement des transports en commun ne supprimeront pas le besoin d'une voiture chez la plupart des pessacais et les dérogations pour les logements sociaux sont considérées tout à la fois discréminatoires et aberrantes. De même si le stationnement en sous sol est une bonne solution cela n'empêche pas la nécessité de disposer de places de stationnement en surface pour les visites, les livraisons, le portage des repas à domicile pour les personnes âgées… Partout, tant en collectif qu'en secteur d'individuel il convient de demander le stationnement sur les parcelles privées et dans les lotissements de maisons individuelles favoriser le stationnement sur ces parcelles avec un recul du portail d'entrée. Les dérogations d'emprise des voieries nouvelles pour les lotissements (à 8 m d'emprise) conduisent à des voies à sens unique et des difficultés de stationnement et un "urbanisme de fond de jardin" avec la prolifération de clôtures-béton. Il convient de privilégier les maillages entre secteurs de construction, les passages notamment piétons de l'un à l'autre et d'éviter le renfermement sur soi même de ces nouveaux secteurs d'habitat. La rétrocession de ces cheminements piétons à la ville doit être facilitée et prévue dès l'engagement des opérations de construction. Le développement des cheminements piétons dans les quartiers, au cœur des quartiers doit ainsi être favorisé. L'encombrement des trottoirs demeure un problème non résolu tant au niveau des services concessionnaires, des enseignes, panneaux, poteaux…et des poubelles et containers. Il convient de prévoir pour les constructions collectives des zones de stockage des containers sur les parcelles privées, en limite du domaine public, sans négliger la qualité architecturale. III. Clôtures Les règles du PLU sur les clôtures ne sont pas respectées. Les murs en béton tant en façade qu'en fond de parcelle donnant parfois sur des rues existantes (l'urbanisme de fond de jardin) prolifèrent. La charte paysagère est ignorée de la plupart des particuliers. Certaines de ses suggestions devraient être intégrées dans le règlement et des préconisations pour favoriser la biodiversité devraient y être introduites (diversification des espèces végétales…) L'urbanisme sécuritaire se développe et rien dans le PLU n'en permet actuellement la maîtrise, ce qui se traduit par la création de "nouveaux ghettos", l'inaccessibilité aux boîtes aux lettres pour transmettre les informations des quartiers, la perte du lien social. Cet urbanisme sécuritaire se développe également sur les parcelles de maisons individuelles conduisant à "l'enfermement", l'isolement, un "paysage concentrationnaire"….à l'opposé de l'urbanité, du vivre ensemble. IV. Architecture On assiste à une banalisation de l'architecture, malgré quelques essais timides en collectif comme en maisons individuelles. Il y a peu d'effort pour une harmonie entre architecture contemporaine et architecture pré existante. Cette harmonisation peut pourtant se faire par la négociation entre riverains (négociation nécessaire même pour une seule construction nouvelle) et par la qualité des architectes qui disposent d'une palette suffisante de matériaux et de techniques. L'architecture contemporaine n'est pas incompatible avec son environnement si elle le prend en compte, ce qui conduit à "oser l'architecture" et l'harmonie avec l'environnement. L'échoppe bordelaise n'est pas le modèle pessacais. Le PLU ne prend pas suffisamment en compte les séquences urbaines de Pessac et l'identité des quartiers (à maintenir et développer) pour éviter un paysage uniforme. V. Activités - services - transports Ce n'était pas intégré au PLU, ce devra l'être dans le futur PLU 3.1. Cela concerne particulièrement les commerces et services de proximité, les services publics à maintenir dans les quartiers tel que, par exemple, la poste de Cap de Bos ou les écoles notamment dans des secteurs tel qu'à Magonty où la population va augmenter. L'augmentation de la population doit intégrer cette demande de services supplémentaires, sans oublier l'animation du centre ville, notamment en soirée (et pallier aux carences actuelles du secteur privé en lieux de convivialité) Pour les transports et les secteurs d'urbanisation associés, il convient de se référer essentiellement aux réseaux fixes dans le temps tel que le tram, alors que la Liane 4 pourra avoir des modifications dans son tracé. Le tram actuellement favorise Bordeaux et Talence (dont l'animation de la place du 7e art-le forum évolue positivement) !!! La Fédération des syndicats de quartier rappelle sa demande de liaison entre les lignes A et B du tram. Les intermodalités se développent mais elles se heurtent encore actuellement à l'impossibilité de billet unique réseau TBC-RER et pour les étudiants du campus à l'absence de communication privilégiant l'accès à la gare Saint-Jean via Pessac centre. VI. PEANP Une étude comparative des incidences des zonages PEANP et PLU est à effectuer ainsi qu'une analyse des demandes individuelles des habitants et occupants concernés. Il convient d'envisager une maîtrise des franges et d'engager la négociation. VII. Divers - protections phoniques Travaux à effectuer, tant vis-à-vis de la rocade que de la voie ferrée, (pour tous les quartiers de Pessac concernés y compris entre la gare et Talence), sans oublier l'impact des vibrations. - Gens du Voyage Effectuer une évaluation de l'aire de gens du voyage de Mérignac- Pessac (fréquentation, usages…) Qu'en est-il de l'aire spécialisée dans la zone hospitalière ? Au-delà des contributions des quartiers figurant dans le document de synthèse, les points suivants ont été évoqués : - le point essentiel concerne la concertation que ce soit pour les opérations au coup par coup ou les opérations d'aménagement tel que le quartier du Lartigon ou le centre-ville. Le nombre de logements n'est pas le seul élément à prendre en compte, une seule construction peut modifier un quartier et provoquer des gênes pour les riverains ; - en ce qui concerne le centre-ville, son devenir et notamment l'Îlot 8 (entrée symbolique du centre) concerne l'ensemble des pessacais et en particulier les quartiers riverains (dont celui du Casino) : il est demandé à la Fédération de piloter la concertation lorsque les problèmes concernent plusieurs quartiers ; - pour la préservation, préservation physique ou de la mémoire des lieux, il est demandé un inventaire des propriétés remarquables pour l'identité des différents quartiers (cela ne concerne pas seulement les propriétés de prestige mais également des habitats traditionnels d'un quartier dont il convient de conserver les traces et la mémoire). Cet inventaire doit également porter sur les arbres remarquables. Cet inventaire serait à engager par chaque syndicat de quartier ; - les usages des lieux, le vivre ensemble ne sont pas suffisamment pris en compte dans le PLU que ce soit au niveau du stationnement, de l'identité des quartiers, les déplacements pour les piétons ou les cycles ; - au niveau du zonage, pour le futur PLU, il faut aller plus loin dans le détail, travailler "dans la dentelle", et engager les concertations par secteurs sur des quartiers similaires ; - la mise en œuvre des points "déchets" doit s'opérer en concertation et s'effectuer dans tous les quartier ; - pour le PPEANP, la concertation doit s'engager. (Ces éléments seront intégrés dans le rapport de la Fédération sur l'évaluation du PLU, avec en PJ les contributions des syndicats de quartier) Débat avec les élus Présents : Jean-Jacques Benoît, maire de Pessac, Alain Rousset, député, Pierre Ducout, maire de Cestas, Jean-Louis Haurie, 1er adjoint au maire, Patrice Verdon, adjoint au maire, délégué à l'urbanisme, Thierry Hofer, adjoint au maire, Gérard Dubos, conseiller communautaire, Laure Curvale, Sylvie Trautmann, Patrick Guillemoteau, Franck Raynal, conseillers municipaux, Danielle Mercier, présidente d'USETA, Raymond Dubourg, ancien président de la Fédération. Après le rappel par le président de la Fédération des difficultés ressenties par les quartiers concernant la concertation et la présentation des enjeux à prendre en compte (démographique, logements et équipements, foncier, densification, déplacements, place de la nature et de l'eau, campus, numérique, mode de vivre dans une métropole millionnaire, et participation), Jean-Jacques Benoît prend la parole pour justifier le choix de la municipalité quant à l'accueil des nouveaux Pessacais qui se déroule depuis deux ans dans le cadre du Printemps du Bourgailh. Par contre, il ne rejette pas la solution d'une seconde manifestation qui pourrait se dérouler à la mairie comme le proposent les quartiers. Le maire de Pessac rappelle que l'Aquitaine manque de logements et rappelle les enjeux de la métropole et du projet de territoire de Pessac en insistant sur les spécificités de Pessac caractérisées par la diversité des paysages urbains, des architectures, de la place de la nature entre espaces publics et privés. Il annonce qu'une présentation sera faite en juin à l'occasion d'une commission d'urbanisme à propos du programme 50000 logements. Enfin, les élus continueront à travailler avec les quartiers jusqu'en 2015. Pierre Ducout, maire de Cestas, rappelle l'importance de la ressource en eau et développe sa thèse sur la diversité qui représente une richesse. L'intervention de Patrice Verdon, adjoint au maire délégué à l'urbanisme porte sur les points suivants : - vers un urbanisme de projet, au-delà de l'urbanisme réglementaire ; - les parcelles trop petites sont une réelle préoccupation du PLU actuel ; - sur Pessac de nombreuses zones de projet (au Pontet, au Centre, les 50000 logements) ; - pour les 50000 logements, organisation d'une commission extra municipale puis travail avec les quartiers concernés ; - une 7e modification du PLU est demandée pour : - supprimer la règle de constructibilité à l'alignement (hors hyper centre) ; - classer la villa Alice et la Villa Chabas dans le quartier de France. Mme Mercier (USETA) intervient pour souhaiter qu'un autre regard soit porté sur les gens du voyage et les tziganes et demander qu'une zone d'accueil pour les familles hospitalisées soit réalisée au CHU Haut Lévêque. (Dominique Lestynek rappelle sa demande d'une évaluation des usages de l'aire de la Chaille et sur Pessac, des possibilités d'accueil de toutes les familles de malades hospitalisés) Les réponses des élus rappellent les droits et les devoirs réciproques, que ce soit au niveau de l'urbanisme que des stationnements de caravanes. Jean-Louis Haurie, 1er adjoint au maire chargé du numérique, aborde les points suivants : - le déploiement de la fibre optique (convention avec Orange) sur l'ensemble de la ville en cinq ans ; - l'implantations du WI-FI gratuit à la mairie et à la médiathèque ainsi que dans les maisons de quartier : - mise en place d'une politique pour faciliter les apprentissages : o à l'école (tableaux numériques dans les écoles primaires et une classe numérique) ; o à la médiathèque ; o développement des logiciels libres ; - développement des services à la population : o portail famille ; o en prévision, portail éducatif et portail associatif ; o développement en interne tel que pour les aides à domicile. Enfin, l'intervention d'Alain Rousset, député, porte sur les points suivants : - l'urbanisme, tout à la fois le sens, le cap mais aussi le souci du détail - ne pas céder à une densification trop forte à Pessac, le problème c'est Bordeaux - attention à la métropolisation et à ses excès - des défis particuliers sur Pessac: o le campus, une ville (avec Gradignan et Talence) o le pôle hospitalier : son développement se fera sur Pessac, quels services d'accompagnement et quel développement économique ? |