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Fédération des syndicats et comités de quartiers de Pessac

Assemblée Générale 2010

13 mars 2010

Rapport moral

par Dominique LESTYNEK, Président de la Fédération

« Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts. » disait Isaac Newton

Les syndicats et comités de quartiers construisent des ponts entre les habitants et avec la Ville : par leurs activités formant du lien social d’une part et par la défense d’un intérêt général local d’autre part. La Fédération construit des ponts entre les quartiers, avec la Ville et la CUB et même avec d’autres entités communales ou extérieures : son site est le reflet de cette activité constructive.

Le bilan 2009 est contrasté dans ce domaine avec de grandes satisfactions et des insuffisances marquées dans nos relations avec la Ville et la CUB notamment.

Une satisfaction pour la Fédération : la renaissance de 2 quartiers

Je tiens tout d’abord à remercier l’ensemble des personnes qui se sont investies dans cette renaissance.

Les Échoppes - Le Vallon : une décennie d’hibernation profonde de laquelle est sortie une équipe tournant le dos aux querelles passées suicidaires pour se consacrer aux problèmes actuels qui concernent ce comité ancien (on citera parmi les plus originaux qui intéressent aussi les autres quartiers : la ligne SNCF de ceinture avec station au point de rétablissement de l’embranchement vers Pessac- Centre, le devenir du secteur du Chat Botté et du Pin Vert…).

La Paillère – Compostelle : pour ce quartier on peut parler d’une relativement courte semi-léthargie, car la « flamme » a été conservée par une représentation aux réunions de concertation « urbanisme ». En outre, il s’agit d’une deuxième renaissance mais qui n’est pas favorisée, comme la première, par un délaissement géographique [imbrication avec Talence et Gradignan], historique [chemins et prieuré de Compostelle abandonnés], social [population à dominante universitaire et à statut de locataire donc très volatile] et associatif [pas de maison de quartier, ni de solution d’attente pour le comité…].

Le beau travail de mémoire accompli par la Fédération et les quartiers :

Ainsi après les expositions thématiques du Bourg, les films Si Sardine m’était conté et Noës au fil des ans notamment, le travail de mémoire se poursuit.

André Daniel Laffon de Ladébat est ce personnage découvert par la recherche des créateurs du Domaine de Bellevue dans le moulin à eau duquel se trouve désormais le siège social de la Fédération et l’exposition correspondante.

Le centenaire de France-Alouette : le titre même de l’exposition réalisée « Un siècle de vie sociale » indique bien l’ampleur du travail accompli, le lien réalisé entre les générations, la connaissance de nos racines et des modes de vie anciens et en fin de compte de l’histoire du 20e siècle à travers celle du syndicat de quartier. Cette somme d’informations pourrait se prolonger par une édition.

Un modèle du sens des responsabilités des quartiers : la charte ATM

Cette charte issue à l’origine d’un conflit local (avec blocage physique du site) applique les principes suivants :

La règlementation nationale ne relève pas directement de notre niveau ;

La Ville est notre interlocuteur principal et joue le rôle d’intermédiaire avec les opérateurs;

La concertation fondée sur l’information et le dialogue hiérarchisé à tous les échelons : fédération, quartiers, riverains en final ;

Vérification du respect des normes par des mesures de champs ;

Un suivi au moins annuel de l’application de la charte.

Ce mode opératoire a suscité un intérêt au niveau national.

La création d’un CDD à Pessac :

L’originalité de la démarche participative initiée par la Ville tient dans la mise en place d’une mission de réflexion et de proposition en vue de la création de ce Conseil avec des représentants de la Fédération. Il convient de rappeler que ce Conseil ne saurait se substituer aux rôles des quartiers et de leur Fédération.

La CUB, jouet des communes : les prolongements du réseau de tramway

La Communauté Urbaine : n’a pas su (ou pu) présenter un projet global et communautaire favorisant la coopération intercommunale, progressif et évolutif, concerté à tous les niveaux, avec des priorités de réalisation fondées sur des critères objectifs. Au lieu de cela, on saupoudre et on bidouille, après marchandage, les moyens, par définition limités, avec des prolongements utilisant les voies existantes comme assiette, sans infrastructures nouvelles de franchissement de la rocade, à voie unique sans perspective sérieuse de doublement (retour 100 ans en arrière), sans projet de développement urbain et environnemental et sans prise en compte des modes complémentaires de déplacement.

La commune de Pessac : s’est placée sur la même ligne de départ que les autres communes concernées privilégiant la desserte résidentielle et n’a pas fait valoir ses « atouts concurrentiels » liés notamment à la gare de l’Alouette, au CHU, au parc du Bourgailh et à la proximité de la zone aéroportuaire permettant le bouclage des lignes A et B et la sortie d’un réseau en étoile uniquement tourné vers le centre de l’agglomération.

Une concertation difficile avec la Ville :

Un courrier fondamental sans réponse : une lettre a été adressée à Monsieur le Maire le 31 décembre 2008 indiquant les attentes des quartiers en matière d’information et de concertation. Malgré une piqûre de rappel lors de notre rencontre conviviale à Cazalet, toujours pas de réponse. Un nouveau courrier, accompagné de la lettre initiale, a été envoyé en ce début d’année donnant un exemple éclairant des insuffisances de la concertation sur l’aménagement dit improprement du Pontet car s’étendant sur l’axe du tramway de la voie ferrée à la rocade à travers 4 quartiers [Bourg, CCLAPS, Saige, Sardine].

Des claquements de porte : Pour manifester notre totale réprobation à une pseudo-concertation, il fallait quitter la réunion pour que la Ville réagisse positivement. Deux exemples :

La boucle verte : présentation d’un dossier totalement déconnecté des réalités de terrain. Notre départ, après celui du président de Toctoucau, a entraîné une nouvelle réunion avec visite in situ sur la base des propositions des quartiers et de la Fédération.

Les vide-greniers : présentation d’un dossier restrictif des libertés des quartiers dans l’organisation des vide-greniers sur notre commune contraire à la loi, au mode de fonctionnement des quartiers et de leur Fédération et aux principes du développement durable. Un argumentaire détaillé a été adressé à la mairie pour révision de cette position dogmatique. En effet elle voulait faire appliquer une règle qui n’existe pas alors que, dans le même temps, elle demande que les quartiers sollicitent, s’ils le souhaitent, l’application de la loi en matière de code de la route (répression du stationnement sauvage, contrôle de vitesse…) : l’application de la loi relevant des pouvoirs de police du maire serait ainsi laissée à la discrétion des quartiers!

Les pistes à explorer pour la Fédération serviront de conclusion :

Le patrimoine à protéger : bâti (Villa Clément V et Prieuré), journaux, mémoire sociale...Préserver le patrimoine c’est construire des ponts avec notre passé.

Le Campus : à intégrer et à se saisir du projet Campus avec les quartiers ;

Les zones d’activités : totalement oubliées par les quartiers.

S’intéresser au Campus et aux zones d’activités c’est aussi construire des ponts avec les mondes de l’université et de l’entreprise.

Ainsi les quartiers et leur Fédération vont démentir, avec l’action de leurs bénévoles, l’observation d’Isaac Newton précitée :

« Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts. »