2. Histoire du paysage depuis le XVIIIème siècle jusqu'en 1897
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Au XVIIIème siècle, l'Eglise Saint Martin de Pessac était entourée de vignes. Un chemin la reliait à deux ou trois maisons au coin Nord-Est de la place de la Vème République actuelle (emplacement du Crédit Mutuel) puis, coupant la voie Bordeaux-Arcachon, rejoignait quelques maisons groupées au Poujeau (débouché actuel de la rue Roger Marcade sur l'avenue Nancel Pénard). Une famille Thibaut exploitait alors une ou plusieurs tuileries à Pessac, situées à Canteranne, où se trouve aujourd’hui le Géant Casino de Pessac. Cette exploitation industrielle de céramique a perduré et laissé son nom à de nombreux lieux aux limites des communes de Pessac, Cauderan et Gradignan (la Tuilerane, la Poterie, la Briqueterie …). |
Eglise Saint Martin |
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Les tuiles produites au XVIIIème siècle ont couvert de nombreux toits de Bordeaux. Les carrières d'argile ont fonctionné jusqu'à une époque récente, et le baron Haussmann en a exploité certaines. Des traces restent à retrouver, mais il subsiste, sur le territoire de Gradignan, un superbe four de cuisson ancien. |
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Un domaine familial appartenait, en 1789, à Jean-François Thibaut-Delile, capitaine de navire, qui l'avait reçu sans division de la propriété de son père, Jean-Baptiste Thibaut. Jean-François Thibaut-Delile habitait alors 32, fossé Saint Eloi, à Bordeaux. Il semble que le domaine était, en ce temps, considéré comme trop campagnard pour la résidence. Le fils de Jean-François, Guillaume, était décédé avant son père. Le 23 Décembre 1827, la veuve de Jean-François Thibaut-Delile, a vendu le domaine à Jean Jaubert. Le domaine Thibaut était officiellement situé sur la Commune de Pessac, soit au lieu-dit, soit au quartier, soit au village du Poujeau. Le 8 Janvier 1856, l'héritage de Jean Jaubert est revenu à deux héritiers, dont Alexandre Jaubert né à Pessac le 2 février 1826. Alexandre Jaubert a occupé, durant quelques mois de 1848, la fonction de Maire de Pessac, et semble s'être enraciné dans son domaine et la commune. Alexandre avait une sœur, Jeanne, décédée en 1853, laissant trois enfants qui furent placés sous la tutelle de leur grand-père Jean. Au moment du legs de ce dernier, Alexandre a racheté les parts de ces autres héritiers. Ce rachat a encore retardé le morcellement du domaine Thibaut. |
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Le 14 mai 1896, la veille de son décès, Alexandre Jaubert a rédigé un testament divisant son héritage en trois parts égales, dont l'une revenait à la commune de Pessac, à charge pour elle de verser une somme de 5 000 Francs à une veuve qui s'était occupée de lui avec dévouement. Les intérêts du surplus devaient servir à créer un prix de la Rosière, comme à la Brède, en souvenir d'une défunte fille d'Alexandre Jaubert. L'exécuteur testamentaire était Herman Lemoine, négociant, habitant au Poujeau et maire de Pessac à cette date. Au moment de cet héritage, le domaine couvrait 5,758 hectares, et était limité par les voies actuelles suivantes: avenue Jean Jaurès (ou route Bordeaux-Arcachon), rue Herman Lemoine, venue Nancel Pénard, avenue du Poujeau. |
| Le domaine portait une grande maison de maître étendue (avec ses dépendances) sur 9,8 ares, des jardins potagers, bois d'agrément dont 20,6 ares plantés en mûriers, terres labourables, et vignes. Ces dernières, dispersées en cinq parcelles, s'étendaient sur 3,5 hectares, soit 60% de la superficie du domaine. La plus grande parcelle de vigne, placée à l'Ouest, couvrait 1,3 ha. Des mûriers se trouvaient en bordure des allées. |
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