Les hôpitaux
(Extrait du site Internet du C.H.U. de Bordeaux)
Les hôpitaux fondus au sein du groupe hospitalier Sud du Centre Hospitalier Universitaire de Bordeaux, représentent aujourd’hui l’un des principaux pôles hospitaliers d’Aquitaine. Bénéficiant d’un cadre d’exception, hors les murs de la cité, ils s’étendent sur près de 70 ha aux confins des landes girondines. Ils constituent également la poussée la plus récente en matière de construction sanitaire et n’ont eu cesse, en période récente, de se voir confortés par les ouvertures successives d’entités nouvelles.
Le groupe hospitalier Sud s’est donc développé autour de deux ensembles hospitaliers non homogènes quoique très proches géographiquement l’un de l’autre : l’hôpital Xavier Arnozan et la maison du Haut-Lévêque. Ces deux établissements connurent en leur temps un certain prestige, que leur conférait la lutte antituberculeuse. L’hôpital Xavier Arnozan fut l’hôpital à vocation phtisiologique par excellence et la maison du Haut-Lévêque, sanatorium privé de moindre renom, participait d’une similaire vocation.
Hôpital Xavier Arnozan
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Ce ne fut qu’au milieu du XIXème siècle qu’apparurent les premières théories visant à la création de sanatorium. Brehmer, en Allemagne, en théorisa le premier les éléments constituants : établissements hospitaliers reposant sur une discipline sévère et alliant à titre curatif grand air, rééducation respiratoire et alimentation abondante et saine. En 1899, le congrès de Berlin officialisa ces différents éléments en introduisant une notion supplémentaire : la cure de repos. Toutefois, en France, ce n’est qu’en 1919 que la loi Honorat légalisa la création de sanatorium, faisant obligation à chaque département de procéder à l’édification de ce type d’établissement. À Bordeaux, le développement de la tuberculose posa un grave problème à des hôpitaux confrontés au risque de contagion. Face aux pouvoirs publics impuissants, la lutte antituberculeuse, à partir du XIXème siècle, fut laissée à l’initiative individuelle ou d’associations charitables. Ainsi, en 1882, année où Koch découvre le bacille tuberculeux, le Docteur Armaingaud fonde la Ligue Antituberculeuse Française. Le mouvement, né à Bordeaux, s’étendit dans tout le pays et dix sept ans plus tard Brouardel et Thoinot fondèrent à Paris la société de préservation contre la tuberculose. |
Les Docteurs Dupeux et Durand créent alors à Bordeaux l’association du sanatorium girondin, association à qui est due l’initiative de trouver un domaine proche de Bordeaux et pouvant convenir aux besoins de l’hospitalisation à vocation antituberculeuse. Son choix se porta sur le domaine de Feuillas, situé sur la route d’Arcachon propriété viticole appartenant à Mme Veuve Gibert.
En 1900, les travaux d’aménagement ouverts par une souscription privée commencèrent, confiés à Minvielle, architecte : arrachage du vignoble existant, plantation d’arbres d’essences variées, constructions diverses. C’est ainsi qu’en 1901-1902, est réalisé le pavillon des adultes, l’actuel pavillon IV, qui présentait, lors de sa mise en fonction, des aménagements tout à fait remarquables pour l’époque : chauffage central, éclairage électrique. Ce dernier pavillon est inauguré le 14 octobre 1902 et le Docteur Gentes, professeur agrégé d’anatomie, est nommé alors médecin résident. Des travaux d’agrandissement successifs, notamment en 1913 et 1914, ont permis de porter sa capacité à une centaine de lits. A cette époque, l’association du sanatorium girondin réunit parmi ses membres des représentants de toutes les classes de la société de la ville : en effet, pauvres ou riches, nul n’est épargné alors par le fléau de la tuberculose.
Durant la première guerre mondiale, le sanatorium de Pessac, fut reconverti en station sanitaire destinée aux traitements des militaires écartés du service pour tuberculose et placé sous l’administration du Docteur Durand. De 1903 à 1916, l’établissement accueillit 1 854 tuberculeux, femmes, enfants et hommes dont 428 militaires. Toutes les formes de tuberculose y étaient soignées, conditionnant ainsi des durées de séjour allant de quelques semaines à plusieurs années.
Faute de ressources régulières, le sanatorium girondin connut, dans l’immédiat après guerre, de sérieuses difficultés de gestion. Dès lors, des discussions s’engagèrent avec les édiles bordelais, discussions débouchant sur l’acquisition du domaine de Feuillas par la ville de Bordeaux, le 30 mars 1919, mettant ainsi un terme à l’oeuvre du Sanatorium girondin.
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Xavier Arnozan |
Sous l’impulsion de Fernand Philippart, maire de Bordeaux, et du Professeur Xavier Arnozan, adjoint au maire chargé des questions d’hygiène, un travail très important d’extension et d’aménagement du domaine existant fut réalisé. Le conseil municipal de Bordeaux décida dans une délibération du 9 mars 1920 de confier le domaine de Feuillas, pour sa gestion, à l’administration des hospices civils. Des acquisitions domaniales successives furent à nouveau réalisées au début des années 1920 et vinrent conforter le patrimoine originel. Le personnel infirmier était constitué par la communauté des soeurs de Nevers, rattachées administrativement aux hôpitaux de Pellegrin et aidées d’anciens malades tuberculeux. Toujours sur l’initiative du Professeur Xavier Arnozan, un vaste plan de construction fut mis en forme. Le 30 avril 1925 était inauguré le pavillon des Enfants (pavillon III) et à la fin de cette même année l’actuel pavillon V était mis en service. |
Xavier Arnozan Médaille par Paul Landowski (1923) |
D’autres constructions suivirent avec en 1954, la mise en fonction du pavillon médico-chirurgical et en 1957, l’ouverture du pavillon VII.
Toutefois, dans les années 1960, par le recours à une antibiothérapie ainsi qu’à une chirurgie spécifique, la tuberculose pulmonaire va connaître une régression spectaculaire dans les chiffres de mortalité.
Les années 1980 vont accentuer cette évolution et en 1987 les services de pneumologie médicale des pavillons VI et VII sont transférés sur le site du Haut-Lévêque. Ce sera également le cas, en 1995, du service de chirurgie thoracique.
La vocation gériatrique de l’hôpital Xavier Arnozan, qui se dessinait déjà au début des années 1960, s’affirma alors par l’ouverture en octobre 1986 d’un centre de moyen et long séjours de 240 lits auquel est rattaché le centre de moyen et long séjours situé à Lormont.
Parallèlement, se développa son rôle de centre de congrès au sein de l’institut de formation aux carrières de santé qui regroupe également nombre d’écoles paramédicales.
Hôpital Haut-Lévêque
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Les critiques formulées à l’égard du plan directeur et du schéma unipolaire de 1963 visaient l’absence de toute perspective à long terme et le fait que le Centre Hospitalier Universitaire risquait de se trouver rapidement enfermé dans un programme dont on ne voyait que trop les limites dans l’espace et les fonctions. La création d’un nouveau pôle hospitalo-universitaire sur le site de Haut-Lévêque fut ainsi décidé. Le Haut-Lévêque, lieu-dit de la commune de Pessac, bénéficie d’un site d’exception : large réserve foncière, voies de communication rapides... Le Centre Hospitalier Universitaire s’était intéressé à ce site dès 1962, année d’acquisition de l’ancien sanatorium hélio-marin privé de Haut-Lévêque, opération qui permit après des travaux d’aménagement de recevoir les personnes âgées hébergées à l’hôpital Pellegrin libérant ainsi des bâtiments importants de cet établissement dans la perspective de son développement futur. L’ouverture d’un deuxième pôle devait permettre le transfert dès 1975, d’unités médicales et médico-techniques de l’hôpital Saint-André dont le maintien en service était confirmé, facilitant ainsi les travaux de restructuration de cet établissement, ainsi que la création d’une zone technique importante. |
À la demande des services du Ministère de la Santé, ce projet fut communiqué en vue de sa réalisation au Centre Hospitalier Universitaire de Lille.
Opération exemplaire par ses délais de réalisation (1973 - 1978), elle le fut également par son originalité et sa conception : regrouper autour d’une même pathologie l’ensemble des moyens et des équipements lourds d’investigation, de traitement, de recherche et d’enseignement permettant la complémentarité des activités et la progressivité des soins.
L’approche fonctionnelle, structures, liaisons et circuits, devant par ailleurs permettre une adaptabilité optimum aux innovations techniques.