Si Pessac m'était conté ...
VOIES ROMAINES
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ès les premiers siècles, nos pistes gauloises principales passant par Pessac sont devenues d'authentiques voies romaines. Ces routes étaient faites de troncs d'arbres et de couches de gravier surtout vers la lande. Elles étaient surélevées au dessus des marécages et de |
chaque côté étaient creusés régulièrement de grands trous d'où l'on extrayait les matériaux nécessaires à la construction.
Celle qui porte encore le nom de Voie Romaine longe l'autoroute de Bayonne, le parc industriel et passe par le lieu dit Cantaranne (chante grenouille) : on pouvait y voir, il y a quelques années, de grandes marres ainsi que d'anciennes carrières d'argile qui alimentaient une poterie et une tuilerie, d'où le nom de Tuileranne près de l'Hôtel de la Monnaie. On y a découvert des tessons et une lampe à huile.
L'autre branche de la voie romaine pénétrait dans Pessac par la clinique mutualiste, le rond-point de Brivazac à cent mètres environ de l'église. Après avoir traversé l'Alouette, Bacalan, le Bleu, le bois des Arrestieux, elle empruntait sur une grande longueur la Levade Gauloise. C'était la route du sel, du bronze et de l'étain.
Les deux voies romaines de Bordeaux à Dax présentaient quelques points remarquables par leurs vestiges d'antiquités. Au village de Croix d'Hins, furent découverts à 30 mètres de l'ancienne voie romaine les fondations d'une fabrique antique et plusieurs objets (monnaies, statuettes, tuiles et poteries).
Croix d'Hins (Heins) était au temps des romains un des fins ou confins faisant séparation du territoire des Boïates (peuples du Bassins d'Arcachon) d'avec celui des Bituriges Vivisques.
En 1524, le trafic venant de la forêt usagère de la Teste, gemme, résines, encens, goudrons, représentait 1 500 tonnes, 4 000 tonnes en 1546.
Pessac était aussi, la zone de transit d'autres produits réputés venant également de la mer de la Teste ou petite mer de Buch et des alentours : poissons et miel de bruyère.
Les Arrestieux, nom qui en Gascon signifie lieu où il est dans l'usage de s'arrêter pour faire reposer les chevaux, était très connu des gens de la Teste pour son auberge. Celle-ci figure également comme halte d'une déviation du chemin de Saint Jacques de Compostelle.
La voie de Bordeaux à Sanguinet (LOSA) est appelée ancienne levée sur les cartes de Belleyme et de Cassini entre Croix d'Hins (Marcheprime) et les Arrestieux (bois de Gazinet).
En 1837 l'historien Jouannet la suit des bords de la Leyre jusqu'à Bordeaux en passant par Lamothe, Biganos, Hins et Pessac ; l'alignement est direct (D 650 et N 650, actuelle route d'Arcachon).
Au 18ème siècle, le chemin est dit Lou Cami Bougés, nom que portent les habitants du Pays de Buch.
Aujourd'hui, la route d'Arcachon est doublée par la voie rapide menant en Espagne via Bayonne et représente un trafic de marchandises non négligeable pour l'approvisionnement de Bordeaux.
Ainsi et ce malgré le temps, ces voies de communication ont su garder ce lien vital qui relie les hommes et ont permis la propagation des échanges commerciaux et culturels.