Si le Peugue m'était conté ...
MAGONTY
| L' | origine du nom de Magonty vient sans doute de Louis Hyppolite Magonty, maire de Pessac entre 1831 et 1838. Gros propriétaire, pharmacien à Bordeaux, il possédait une maison au Bourg ainsi que des terrains à Cap de Bos. |
Terre de landes infertiles, au sol environnant désertique en été et marécageux en hiver, Magonty connaît peu d'implantation humaine au 18ème siècle.
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Sur la carte topographique de la Guyenne levée entre 1762 et 1783 par Belleyme (ingénieur géographe du roi), on relève plusieurs domaines existant à cette époque, notamment : - la Princesse, aujourd'hui Domaine des Princes, - Tartifume, aujourd'hui ferme Dubourg, ancien pavillon de chasse, - Romainville, aujourd'hui Chasse du Faisan noir - Plaisance, disparu, se situait approximativement derrière le terrain de bicross actuel, ainsi que le PARC (bifurcation Princesse-Romainville) - les Bayais, existant toujours, - Rossignol, disparu, se situait entre le chemin de la Princesse et le lotissement actuel, - Bidet, l'exploitation de la ferme était déjà signalée en 1674 et le lieu existe toujours, - Gazinet, qui a récemment cédé la place à un nouveau lotissement, - Pujeau des Fosses, dont les premières maisons seront plus tard, l'amorce du village du Bleu, |
- Le Petit Gazinet figure sur cette carte sans appellation, entre le Grand Cambray et Pujeau des Fossés ; situé à l'entrée du Bois de la Princesse, il n'en reste aujourd'hui que le puits,
- les Anguilles, toujours là, donnant naissance aux Sources du Peugue,
- le Grand Cambray, aujourd'hui dénommé Les Bordes dont le domaine associé à celui des Anguilles est à l'origine du Bois des Sources du Peugue actuel.
Sur cette carte de Belleyme figure également les Arrestieux (Toctoucau n'existait pas encore).
On retrouve également des lieux bien connus encore aujourd'hui, tels Cap del Bos, Salle du Livrac, France, Madran, Haut Médoc (aujourd'hui Bacalan).
À cette époque plusieurs domaines, à Magonty, possédaient des parcelles de vigne, notamment Romainville, Plaisance, Tartifume, le Prince.
Sur cette carte, on retrouve les axes principaux toujours en vigueur qui sont les anciens chemins de Magonty, de Romainville et de la Princesse.
Comme on peut le constater, toujours sur cette carte, la lande constituait l'essentiel du paysage. Ces terres étaient en grande partie composées de sables acides et de très peu d'humus. D'un moment à l'autre un vent salé que rien n'arrêtait, venait y brûler les cultures. C'est pourquoi des anneaux d'arbres étaient plantés autour des domaines afin de protéger les champs des vents d'ouest dominants, la forêt de pins n'existant pas encore.
Sur le chemin de la Princesse, la survivance de la politique de Sully (ministre de Henry IV) maintenait là une importante plantation de mûriers appartenant à M. Jacques Louis François Romainville, directeur des spectacles à Bordeaux (voir extrait du courrier datant de 1780).
La seule voie carrossable entre Pessac et la Teste, était l'ancienne Levée gauloise créée pour circuler en chars à bœufs, au dessus de la lande marécageuse. Les romains l'utilisèrent, l'actuelle route d'Arcachon en suit à peu près le tracé.
En marge de cette voie unique les troupeaux itinérants de moutons, accompagnés de pasteurs juchés sur des échasses, allaient et venaient, au gré des saisons à la recherche de maigres pâturages. La transhumance pouvait mener les troupeaux de Bordeaux jusqu'aux Pyrénées.
Ce n'est qu'après les travaux de Chambrelent, au milieu du 19ème siècle, que cette terre drainée par la création de vastes réseaux de fossés deviendra favorable à la germination de la graine de pin maritime.
La lande s'imposait sur tous les espaces non occupés par les bois et les champs. La vigne occupait les sols de graves jusqu'à Magonty et Bacalan. Les vignes du Pape Clément, au 17ème siècle, allaient jusqu'à Magonty, où des traces et une borne se voyaient encore au siècle dernier dans la propriété Ker Saint Orens, actuellement chemin du Transvaal.
Dans le registre du cadastre de 1813, de nouveaux propriétaires feront de la vigne, au Merle, à Papot, Rossignol, ainsi qu'au Bidet.
A cette époque, la totalité du domaine du Grand Cambray appartenait à un dénommé Dératier, boulanger à Bordeaux. Il est composé de pâture, terre, jardin, maisons (2), parc, landes, vivier, ainsi que du domaine des Anguilles, avec maison, verger, lagune, prés, pins.
Toujours à cette période, le domaine de Gazinet a pour propriétaires Desbareilles de Cestas et Miaille, courtier à Bordeaux. Ils possèdent maisons, parcs, jardins, prés, pâtures, pelouse, bois, lagunes et terre.
Le domaine des Princes a lui pour propriétaire un dénommé Rambaud : il est constitué de bois, pâture, parc, maison, jardin, vigne, terre, pré, pins.
Quelques noms de propriétaires de l'époque, Dumentet (que l'on retrouve au domaine de Cazalet, signifiant petit jardin), Loustau, Teich, Dubourg, Mondain, Merle, Lay, Fourcade, Bélion.
Sur le plan du cadastre de 1813, on remarque plusieurs lagunes dont certaines répertoriées et appelées : SOUDOUR (au sud des Bidets, vers l'actuel lac de Cap de Bos), LAGASSEY (au nord des Bidets, actuelle décharge), la HONTASSE (en amont sur le cours du Peugue).
Comme trace historique, il nous reste une Borne datant environ de 1526 et qui délimitait, à l'époque, la juridiction de Veyrines. Toujours à sa place initiale sur le Domaine du Barail Brûlé, le croissant tourné vers Mérignac, le L vers Pessac, face à l'ancienne terre noble de Lestonac. Elle délimite toujours les trois communes de Pessac, Mérignac et Saint Jean d'Illac.
Si les siècles passés ont vu peu d'habitants à Magonty, chacun d'entre nous peut constater que les temps ont changé. En effet notre quartier après bien des transformations connaît une importante mutation. De terres agricoles, il en reste peu, de vignes encore moins, mais d'habitations, beaucoup plus.
Le Peugue a perdu au fil du temps de son importance, mais il reste pour notre environnement un point fort par l'aménagement progressif d'une importante zone verte, qui fera retrouver aux Pessacais l'envie de le redécouvrir.
Quelques explications de termes anciens :
Barail : en gascon barralh, veut dire terrain clos, prairie clôturée. Par extension pré ou prairie. À Magonty on retrouve le Barail Brûlé et le Grand Barail.
Dans les registres on trouve souvent le Mayne qui signifie domaine, ensemble d'une exploitation agricole, l'ancienne manse dans un sens plus étroit : la maison d'habitation (houstau) avec ses dépendances immédiates et les terres attenantes.
Manse : vieux mot gascon signifiant manoir, ferme, demeure.
Plantier : en gascon plantey, endroit planté de vignes (exp. le plantier de Noès).