Si le Peugue m'était conté ...
BARDANAC
| L | a découverte , au 9ème siècle, des reliques de Saint-Jacques le majeur, en Galice, déclenche un pèlerinage au siècle suivant. Ce n'est qu'à partir du 12ème siècle que ce pèlerinage prend une importance considérable. Les pèlerins, porteurs de la célèbre coquille, partaient de Belgique et autres pays du Nord de la France |
L'itinéraire par Bordeaux explique le passage par Pessac sur la route de Bayonne où la paroisse établit un reposoir qui ne tarde pas à devenir Notre-Dame de Bardanac, prieuré ou maison d'accueil des hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem (l'actuel relais de Compostelle).
On ignore l'époque de sa fondation ; en 1235 il est attesté par une donation de Pélegrine de Pessac.
C'est le premier hôpital que rencontraient les pèlerins qui partaient de Bordeaux pour Saint Jacques de Compostelle. Placé à l'extrémité des paroisses de Talence, Pessac et Gradignan, le chemin, anciennement appelé le chemin Romiu c'est à dire des pèlerins, longe cet ancien hôpital.
![]() Le prieuré de Bardanac |
L'établissement de l'époque n'était pas celui que nous connaissons aujourd'hui qui ne date que des 17ème et 18ème siècles. Il comprenait une salle à feu, une grange avec de la paille pour dormir et une salle commune d'hôpital, plus cinq lits réservés à des visiteurs aisés ne couchant pas sur la paille. Il possédait une église ou chapelle dont les ornements pour dire la sainte messe étaient déclarés fort beaux lors d'un procès verbal dressé en 1673. Un cimetière entourait cette chapelle. Les revenus du prieuré consistaient surtout en vins. En 1606 il produisait 16 tonneaux. Des processions venant de Pessac, Gradignan et Talence venaient chaque année honorer et prier Notre-Dame de Bardanac dont la chapelle fut détruite à la fin du 18ème siècle. Le domaine de Bardanac fut exproprié et vendu en 1793. |
Comparons maintenant et imaginons ce que pouvait être ce prieuré en nous promenant du côté de Cayac. Autre hôpital prieuré, il se dresse à la sortie sud de Gradignan et toujours sur la route de Bayonne. Ce dernier existait également en 1229, attesté par un acte ancien mais sa fondation est probablement antérieure à cette date.
Comme Bardanac, son existence est liée au pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle qui a vu naître, surtout aux 12ème et 13ème siècles, le long de ses nombreux itinéraires, une foule d'hôpitaux ou d'hospices.
Ces établissements étaient destinés a accueillir, secourir et soigner les pèlerins ainsi que les indigents des campagnes.
L'hébergement y était rudimentaire ; la gestion en était assurée par des ordres religieux.
Cayac comme Bardanac se trouvaient ainsi sur la Via Turonensis, qui venait de Tours et passait par Poitiers, Saintes, Bordeaux.
Aujourd'hui, Bardanac devenu le Relais de Compostelle reçoit toujours des visiteurs qui viennent s'y restaurer, quant à Cayac, sa restauration permet toujours d'y recevoir des pèlerins en route pour Saint Jacques.